Brazzaville, vous connaissez ? C’est la capitale du Congo.

 Un petit pays d’Afrique centrale adossé au fleuve du même nom. Donc  vacances à Brazza, revoir la famille, les amis et jouer un peu les touristes. Ce cocktail classique aurait une autre saveur si jamais je pratiquais l’Aïki sur place. Une authentique envie que je n’ai jamais pu satisfaire lors

de mes précédents voyages vers ma terre natale. Cette fois-ci, les choses se présentaient on ne peut mieux. Mon séjour était plutôt long  ; mon keikogi était dans mes bagages ; j’avais quelques adresses de club

De cette précieuse liste, j’opte pour le dojo le plus proche, celui du lycée Javouhey. On me conseille de m’y rendre dès le lendemain 16 h

Me voila arrivé ; la salle est coincée entre un bar et le grand parc zoologique. A 16h pile, un jeune trentenaire casquette vissée sur la tête, écouteurs aux oreilles et sac au dos vient ouvrir la salle. Je me présente timidement. Large sourire.

  • « J’ai entendu parler de vous. C’est moi le sensei. Mais puisque vous êtes là, vous allez faire le cours ».  

Le jeune homme s’appelle Hargeley, 2ème dan formé au club. Depuis, nous avons construit une vraie amitié. Les pratiquants arrivent petit à petit. En 20 mn, nous passons d’une quinzaine à une trentaine dont 3 enfants d’environ  7 ans.

Je suis frappé par la jeunesse des pratiquants. C’est tout à fait à l’image du pays.

Difficile de résumer en quelques lignes, ces rencontres riches, ces discussions fécondes, ces décalages  (le reishiki peut changer dans le temps et dans l’espace) et nos convergences mais surtout ces moments de pratique intense. Suer est naturel puisque la chaleur s’impose dès la première minute de cours.   

Je me suis senti très vite comme à la maison grâce à la diligence d’Hargeley. Puis, j’ai rencontré Marcel Moutou, un pratiquant de longue date  qui dirige ce club avec beaucoup de générosité et de précision technique. Il n’a pas son pareil pour donner de la profondeur à une discussion même courte et banale. Il enrobe tous « ses » jeunes protégés d’un regard bienveillant. C’est qu’il les a presque tous vus commencer en aïkido, les a conseillés, les a guidés.

Aïki-vacances

Tous ces jeunes brazzavillois grandissent en Aïkido grâce à Aïki-vacances.  Cette opération a été  imaginée  pour entretenir leur flamme de budokas. C’est en quelque sorte un stage qui a lieu tous les matins de juillet et août. Encadré par des jeunes plus anciens sur la voie de l’aïkido,  Aïki-vacances permet de pratiquer notre art tout en tissant un lien sur les autres aspects de la vie du jeune aïkidoka tels que l’école, l’apparence physique, les relations aux autres, la mode… 

La plupart des pratiquants que j’ai rencontrés au cours des 3 séances hebdomadaires du soir ont donc commencé par Aîki-vacances. Ce qui explique leur enthousiasme à y participer aujourd’hui en tant qu’encadrant prêtant main forte à Marcel et Hargeley. Le soir venu, cet enthousiasme n’était pas entamé pour autant puisque qu’ils participaient activement au keiko que je leur proposais.

Nous avons donc profité de ces moments de pratique pour aborder concrètement les principes de l’aïkido. Les modalités techniques (tachiwaza, suwariwaza, Hamni handachiwaza, Ushirowaza, Aiki-Jo, Aikiken…)  sont si nombreuses. L’envie d’y retourner dès que possible est vive. Histoire de continuer ce dialogue à plusieurs inconnus. A bientôt Bana m’boka !

merci pour votre accueil

Manu